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Miyajima : l’île sacrée des sanctuaires

Rédigé par Japaventura | 7 février 2023 14:03:03 Z

La petite île d’Itsukushima qui fait face à Hiroshima est généralement connue sous le nom de Miyajima. Elle est riche d’une histoire vieille de plusieurs siècles, étroitement liée au bouddhisme Shingon. Miyajima conjugue architecture religieuse et communion avec la nature sur ses collines sacrées. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est considérée comme l’un des trois sites les plus pittoresques de tout le Japon.

Miyajima se trouve dans la baie d’Hiroshima, entre les îles d’Etajima, de Kurahashi-jima, d’Okurokami Miyajima et la principale île japonaise d’Honshu. La traversée en ferry depuis Hiroshima, qui dure environ une heure, avec ses panoramas splendides d’îles enchanteresses et d’impressionantes chaînes de montagnes, vous plonge dans une atmosphère idéale pour vous préparer à votre visite de Miyajima.

Ryokan

La principale localité de l’île, Ryokan, située juste derrière l’embarcadère du ferry, vous invite à une promenade dans ses ruelles tranquilles. En tant que destination touristique populaire, vous y trouverez également un grand nombre de boutiques de souvenirs. Cela vaut donc la peine de s’écarter un peu de la rue commerçante principale, Miyajima Omotesando Shotengai, qui est couverte, et d’obliquer vers l’une ou l’autre des ruelles qui s’offrent à vous. Peut-être aurez-vous aussi envie de vous laisser conduire à travers le village en pousse-pousse, à la mode traditionnelle.

Profitez-en pour déguster l’une des spécialités culinaires de l’île, les petits gâteaux manju, en forme de feuilles d’érable. Si vous désirez vous remplir davantage l’estomac et que vous appréciez les fruits de mer, ne manquez pas de goûter aux huîtres locales, dont la pleine saison s’étend de décembre à février. Le deuxième week-end de février, vous pourrez assister au Miyajima Kaki Matsuri, le festival de l’huître de Miyajima.

Ile de Miyajima - source : canva

Momijidani : la vallée des érables

Juste derrière la petite ville portuaire se trouve le parc Momijidani, dont le nom (qui signifie « vallée des érables » en japonais) n’aurait pu être mieux choisi. En automne, au pied du mont Misen, vous pouvez vous plonger dans un océan de couleurs.

Le ruisseau bucolique qui traverse la vallée des érables fait de votre promenade une expérience presque paradisiaque. Au détour de chaque sentier, vous rencontrerez les cerfs sika qui peuplent l’île. Ils sont très familiers, mais méfiez-vous de leurs museaux affamés, afin qu’ils ne dévorent pas vos billets de ferry ou vos manju à peine sortis du four !

Momijidani - source : canva

Le sanctuaire d’Itsukushima

L’attraction principale de cette île de 10 kilomètres de long est sans conteste le célèbre sanctuaire shinto d’Itsukushima, dont le portail d’un rouge éclatant, qui semble flotter dans les eaux, figure désormais sur d’innombrables cartes postales.

Dès le VIe siècle, l’île abritait un sanctuaire. Cependant, l’édifice actuel fut commandé au XIIe siècle par l’homme d’État Taira no Kiyomori, qui avait choisi cette île pittoresque comme site pour le sanctuaire de la famille régnante. Le nom de l’île, qui se traduit par « l’île sanctuaire », fait référence au sanctuaire d’Itsukushima. Celui-ci fut dédié aux trois divinités de la mer dans la religion shintoïste : Ichikishima, Tagori et Tagitsu.

Sanctuaire Itsukushima - source : canva

Ce joyau architectural, qui aurait été construit sans aucun clou métallique, est bâti sur pilotis. Toutes les six heures, l’eau s’infiltre sous le sanctuaire. Cela donne un peu l’impression de se promener sur une jetée. À marée basse, vous pouvez traverser la cour du sanctuaire à pied, mais pour protéger vos chaussures de la boue, des passerelles en bois sont aménagées.

Le célèbre portail de 16 mètres de haut, construit devant le sanctuaire, est balayé par les masses d’eau à marée haute. Il est alors impossible de le franchir à pied sec. En revanche, cela offre un panorama absolument magique sur le portail qui semble flotter, avec les collines entourant le mont Jkuchi à l’horizon. Revenez en fin de journée et laissez-vous aller à la fascination qu’exerce le flot de couleurs dans les tons jaune-orangé-rouge du coucher de soleil.

La pagode Gojunoto

La pagode Gojunoto, haute de 27,6 mètres et datant de 1497, est visible de loin. Cette construction d’un rouge éclatant, trônant sur une colline située derrière le temple Senjokaku, s’élève sur cinq étages, chacun d’entre eux orné d’un imposant toit incurvé et savamment décoré. Cette pagode est dédiée au dieu bouddhiste de la médecine, de même qu’aux saints Monju et Fugen.

Les visiteurs ne peuvent malheureusement pas voir les espaces intérieurs sacrés, que l’on devine richement décorés de peintures de dragons, de fleurs de lotus et d’effigies de saints, mais la vue de l’extérieur n’en est que plus imposante. En mars et en avril, lorsque les cerisiers sont en fleurs, la pagode émerge d’un océan de milliers de fleurs.

Le mont Misen

Considéré comme sacré, le mont Misen est vénéré par les croyants bouddhistes depuis les temps anciens. Vous pouvez gravir à pied ses 535 mètres ou prendre le téléphérique. Dans les deux cas, vous traverserez des forêts verdoyantes (ou parées de magnifiques couleurs en automne), offrant des vues spectaculaires sur l’île de Miyajima. Le versant nord de la montagne est recouvert d’une forêt primaire protégée.

Si vous optez pour la randonnée, vous serez récompensé·e par des formations rocheuses extraordinaires et par de paisibles petits temples qui bordent le chemin et n’attendent que votre passage.

Le sentier vous mène ainsi à travers la porte Niomon, qui, à l’époque d’Edo, de 1603 à 1867, ne devait pas être franchie après 14 heures. Selon la légende, quiconque s’y aventurait s’exposait à de terribles conséquences. Toutefois, les gardiens de la porte, des sculptures en bois fixant vers vous des yeux terribles et menaçants, suffisaient apparemment à dissuader les intrus les plus tenaces.

Vue du Mont Misen - source : canva

Dans le Reikado Hall, plus haut sur la montagne, vous pouvez admirer la « flamme éternelle », qui fut jadis allumée par Kobo Daishi, le fondateur du bouddhisme Shingon, et qui brûle depuis lors sans interruption. Plus récemment, cette flamme a été utilisée pour allumer la flamme de la paix dans le parc du Mémorial de la Paix d’Hiroshima.

Une fois parvenu·e tout en haut de la montagne, la plate-forme d’observation vous offre un panorama sur la pittoresque mer de Seto et les îles voisines de Miyajima. Par temps clair, le regard porte loin, jusqu’à Hiroshima.

Le temple Daishō-in

Le temple Daishō-in, situé au pied du mont Misen, est l’un des plus importants temples du bouddhisme Shingon. Fondé en l’an 806 par le célèbre moine Kobo Daishi, son histoire est étroitement liée à celle de nombreuses familles régnantes.

L’édifice est l’un des 88 temples Shingon du Japon, représentés dans une grotte avoisinante. Le plafond de la grotte est recouvert d’une multitude de lanternes qui inondent cet espace d’une lumière magique.

Une curiosité à ne pas manquer : les escaliers de ce site sont bordés de centaines de statues de Bouddha qui accompagnent les visiteurs sur le chemin du hall principal. Sur ces 500 statues, chacune possède un visage à l’expression particulière. Un spectacle merveilleux.

Quiconque souhaite repartir avec une bénédiction met en mouvement les rouleaux métalliques portant des inscriptions de sūtras bouddhistes, situées en haut des escaliers. On dit que tout le monde peut recevoir des bénédictions, même sans savoir lire le sanscrit ou le japonais.

Temple Daishō-in - source : canva

Sur l’île de Miyajima, l’atmosphère sacrée est omniprésente. Le soir en particulier, lorsque le soleil s’est couché derrière le portail du sanctuaire d’Itsukushima, une ambiance particulière se saisit des lieux. Les édifices religieux de l’île sont alors auréolés d’une douce lumière. Ne manquez pour rien au monde un tel spectacle !

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